Page:Legrand - Recueil de contes populaires grecs, 1881.djvu/82

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


grande maison de la ville. Après avoir ainsi parlé, il s’en alla. Le lendemain, le vieillard prend le petit billet et se rend au palais, car c’était la plus grande maison de la ville. Quand il y arriva et que le premier soldat le vit si sale et si mal vêtu, il lui dit des injures et le repoussa pour le faire partir. Mais le vieillard lui montra le billet, et alors le soldat le laissa entrer. Bref, il eut à subir les mêmes avanies de la part du second et du troisième soldat ; et, quand il arriva au dernier, qui se tenait à la porte du roi, ce soldat se mit aussitôt à l’injurier, et, levant la crosse de son fusil, il en frappa le pauvre vieillard de telle sorte qu’il lui meurtrit la chair, parce que, disait-il, il avait l’effronterie de salir les escaliers avec ses vilaines chaussures. Alors le pauvre vieux se retira très irrité. Mais le roi, à son réveil, demanda s’il n’était point venu un vieux paysan au palais. On lui dit qu’il était venu et qu’on l’avait chassé. Le roi se mit en colère et envoya des gens lui chercher le vieillard ; mais celui-ci ne voulait pas retourner au palais, et ce ne fut qu’à force de prières qu’on le décida à revenir. Quand le roi le vit, il lui dit de s’asseoir ; ensuite il lui donna