Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/161

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ALFRED DE VIGNY


1797 – 1863




Alfred de Vigny naquit à Loches, dans cette Touraine qu’il a si bien décrite au commencement de son roman de Cinq-Mars. Nous n’avons pas à noter ici les œuvres considérables qu’il donna dans le roman et au théâtre.

Il publia en 1822 un volume intitulé : Poèmes. Par cette œuvre, venue alors que Lamartine songeait à peine à rassembler ses premières ébauches, Alfred de Vigny a l’honneur d’avoir le premier écrit de beaux vers dans le sentiment et la forme modernes. Éloa ou la Sœur des Anges, chant mystique, date de 1824.

« C’est, dit Magnin, une grande et touchante conception, un mythe qui rappelle ceux d’Hésiode et de Milton, une fable aussi fraîche, aussi gracieuse que celle de Pandore ; une allégorie aussi belle, aussi délicate et plus prolongée que celle des Prières. »

Éloa grossit les Poèmes antiques et modernes, formés, en 1826, de quelques morceaux publiés en 1822, et de plusieurs poèmes nouveaux, dont le plus admiré fut Moïse.

Les Destinées, poèmes philosophiques, furent publiées, après la mort du poète, par M. Louis Ratisbonne, son exécuteur testamentaire.

Essayons de préciser l’accent d’Alfred de Vigny :

Ce n’est pas le clairon d’airain de Victor Hugo,

tuba mirum spargens sonum

comme la trompette du Jugement dernier ;