Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/181

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ALFRED DE VIGNY.

Ce n’est que sur ton sein qu’ils ont ployé leurs ailes,
Jamais ils n’ont souffert un œil profanateur.
Ingrate, pour toi seule ils veulent apparaître.
Ils sont nés d’un soupir, de tes baisers peut-être,
Et, comme ton image, ils dormaient dans mon cœur !

Si tu le veux, pour toi solitaire et dans l’ombre,
Ils chanteront tout bas, et ton sein agité
Couvrira comme un nid leur essaim doux et sombre,
Mais n’aimes-tu pas mieux, orgueilleuse beauté,
Leur donner l’essor libre et le ciel, leur empire,
Suivre de tes grands yeux leur passage, et te dire :
« Mon nom avec l’amour sous leur aile est caché ! »



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