Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/313

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HÉGÉSIPPE MOREAU


1810 – 1838




Hégésippe Moreau naquit à Paris en 1810. Ses parents l’emmenèrent tout petit à Provins, où son père avait trouvé une place de professeur. Orphelin de bonne heure, ce fut grâce à une voisine charitable qu’il fut placé au petit séminaire d’Avon, près Fontainebleau. Il y composa ses premiers vers à l’âge de douze ans.

À Paris, tantôt ouvrier typographe, maître d’études, rédacteur irrégulier de petits journaux payant mal, il passe par toute une série de souffrances, de déceptions et de misères. Si quelques rayons de soleil apparaissent sur le fond noir de sa vie, ils sont rares et s’éteignent vite. Sa prose et ses vers nous racontent le poète qui meurt à 28 ans sur un lit d’hôpital, à la Charité. En prose, son œuvre se compose de quelques contes charmants, le Gui de chêne, la Souris blanche, les Petits souliers ; en poésie, d’un mince volume ayant pour heureux titre Le Myosotis, la fleurette bleue du souvenir, « L’avenir n’oubliera ni la prose ni les vers. »


Au cimetière Mont-Parnasse,
Parmi la foule de ces morts
Que le temps inflexible entasse
Comme un avare ses trésors,
Une tombe gît sous la mousse,
Dépassant à peine le sol,
Où dort une mémoire douce
Comme le chant du rossignol.


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