Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/425

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ARSÈNE HOUSSAYE.

Je veux mourir en respirant des roses,
Et vos lauriers ressemblent aux cyprès.
Roseau chantant, déjà ma tête plie,
Laissez-moi l’air, laissez-moi l’horizon !
Immortel, moi ! Mais chut ! la Mort m’oublie…
Si vous alliez lui montrer ma maison !


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SONNET




Je sens fuir le rivage, adieu la Poésie !
Elle reste au pays de l’éternel printemps.
Idéal, idéal que j’ai cherché longtemps,
J’ai surpris ton énigme au cœur du sphinx d’Asie.

Tu te nommes Jeunesse, et verses l’ambroisie
Avec l’urne des dieux aux âmes de vingt ans.
Idéal, Idéal, vierge aux cheveux flottants,
Je te vois, mais je pars et ne t’ai pas saisie.

Cependant le vaisseau m’entraîne en pleine mer,
Et, comme l’exilé, dans sa douleur sauvage,
Je dis aux matelots : « Retournons au rivage ! »

Car j’ai mis au tombeau, sur le rivage amer,
Mon amour le plus cher, ma maîtresse adorée,
La jeunesse divine !… Adieu, Muse éplorée !


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