Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/73

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MILLEVOYE


1782 – 1816




Charles-Hubert Millevoye, né à Abbeville, essaya du barreau, perdit quelque temps dans une étude de procureur, puis entra comme commis chez un éditeur. « Jeune homme, vous lisez ! — lui dit un jour le chef de la maison, — vous ne serez jamais libraire ! » Il renonça vite, en effet, à être autre chose qu’un poète. « Facile, insouciant, tendre, vif, spirituel, il menait une vie de monde, de dissipation, ou d’étude par accès et de brusque retraite. Un rayon de soleil l’appelait, et il partait soudain pour une promenade à cheval ; il écrivait ses vers au retour de là, ou en rentrant de quelque déjeuner folâtre. » Le portrait est de Sainte-Beuve : ne croirait-on pas que le critique nous parle d’Alfred de Musset ? Millevoye mourut à 34 ans, d’une phtisie.

On a depuis longtemps oublié ses poèmes chevaleresques : Alfred, Emma et Eginard, Charlemagne à Pavie.

« Vous reviendrez briller dans les tournois,
Les ménestrels rediront vos exploits,
Et vous verrez celle qui vous enflamme,
Presser la main qui servit à la fois
Son Dieu, son roi, son pays et sa dame. »

Ce style « troubadour impérial, » ce moyen-âge de pendule nous font sourire aujourd’hui comme Le Beau Dunois de la reine Hortense.