Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t2, 1887.djvu/295

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ARMAND RENAUD


1836




Armand Renaud est né a Versailles. Il donna d’abord les Poèmes de l’Amour (1860), les Caprices de Boudoir (1862), et les Pensées tristes (1865), premiers recueils de poésies qu’il ne devait pas conserver sous cette forme.

Puis il publia en 1870 les Nuits Persanes, et, après s’être signalé en prose par son étude historique de l’Héroïsme, il fit paraître en 1881 Recueil intime, en 1885 les Drames du peuple.

Au Recueil intime, composé en grande partie de pièces choisies des Pensées tristes, on peut appliquer ce que disait de ce livre Sainte-Beuve dans ses nouveaux lundis : « Armand Renaud, après s’être terriblement risqué aux ardentes peintures d’une imagination aiguë et raffinée, en est venu à chanter ses propres chants, à pleurer ses propres larmes ; maître achevé du rythme, de recherche en caprice, et après avoir épuisé la coupe, il a trouvé des accents vraiment passionnés et profonds. »

« La plupart des fleurs qui composent le volume des Nuits persanes, a dit Émile Deschanel, fleurs exotiques cueillies dans les riches forêts de Djelaleddin-Roum l’extatique, de Saadi le bienheureux et de Ferdouci le céleste, sont d’un parfum toujours agréable, toujours étrange et parfois enivrant. Elles brillent des molles clartés de la lune, ou bien elles renvoient les traits d’or de ce divin ami des Persans, le soleil ! D’autres s’épanouissent dans les gouffres sombres, d’autres dans les clartés mystiques. »

Les Drames du peuple sont un livre d’émotion, mais d’émotion puisée dans le spectacle des souffrances extérieures. « Une mâle compassion qui