Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t2, 1887.djvu/325

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ARMAND SILVESTRE


1837




Armand Silvestre, né à Paris, se fit recevoir à l’École Polytechnique, mais bientôt, renonçant aux mathématiques pures, il entra dans l’Administration des Finances et publia ses premiers vers. George Sand, les ayant lus en épreuves, conçut pour cette poésie si éclatante et si passionnée une telle admiration quelle voulut, bien quelle ne connût point l’auteur, présenter elle-même l’œuvre au public.

Depuis les Rimes neuves et vieilles, les Renaissances, La Gloire du Souvenir écrites de 1866 à 1872 et réunies postérieurement sous le titre de Premières Poésies, Armand Silvestre a donné quatre autres recueils : La Chanson des Heures (1878), Les Ailes d’or (1880), Le Pays des Roses (1882) et Le Chemin des Étoiles (1885).

Ses poèmes, si étrangement sensuels et mystiques à la fois, sont une perpétuelle apothéose de la Beauté visible, un agenouillement enthousiaste et cependant douloureux devant la femme. « C’est, dit George Sand, l’hymne antique dans la bouche d’un moderne, c’est-à-dire l’enivrement de la matière chez un spiritualiste quand même, qu’on pourrait appeler le Spiritualiste malgré lui ; car, en étreignant cette beauté physique qu’il idolâtre, le poète crie et pleure. Il l’injurie presque et l’accuse de le tuer. Que lui reproche-t-il donc ?… de n’avoir point d’âme. Ceci est très curieux et continue, sans la faire déchoir, la thèse cachée sous le prétendu scepticisme de Byron, de Musset et des grands romantiques de notre siècle. »