Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/347

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HENRI DE RÉGNIER.


Émus d’un grand émoi suprême et puéril,
Forts du timide amour qui rêve des revanches,
Nouer les nœuds de guirlandes de roses blanches
Que le sang de nos doigts pourprerait d’un Avril ;

Mais aux poignets sertis des Belles souriantes
Tous les liens de fleurs défleurirent leur poids,
Et les Oiseaux qu’au poing portaient les Enfants-Rois
Nous éblouirent d’un vol d’ailes effrayantes ;

Et les Princesses fabuleuses aux yeux doux
Fuirent avec leurs fous et leurs bouffons hilares
Aux Nefs de parade qui larguaient leurs amarres
D’un or fin et tressé comme des cheveux roux.


(Épisodes)