Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/35

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PAUL BOURGET.


Le fantôme me dit : « Où donc est ton ouvrage ? »
Et je lui montre alors mon rêve intérieur,
Trésor que j’ai sauvé de plus d’un noir naufrage,
— Et ces vers de jeune homme où j’ai mis tout mon cœur.

Oui ! tout entier : espoirs heureux, légers caprices,
Coupables passions, spleenétique rancœur,
J’ai tout dit à ces vers, tendres et sûrs complices.
Qu’ils témoignent pour moi, fantôme, et pour ce cœur !

Que leur sincérité, Juge d’en haut, te touche,
Et, comme aux temps lointains des rêves nimbés d’or,
Pardonne, en écoutant s’échapper de leur bouche
Ce cri d’un cœur resté chrétien : Confiteor !


(Les Aveux)