Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/45

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GEORGES GOURDON.


Le drapeau, quand tonne l’airain,
        Comme un guerrier tressaille ;
Il bat, il s’enfle comme un sein
        Au vent de la bataille.
Dans la mêlée, ah ! qu’il est beau
Lorsqu’il n’est plus qu’un noir lambeau
        Étoilé de mitraille !

Jusqu’à la mort on le défend,
        Ô sublime folie !
Et quand il revient triomphant,
        Vers sa loque chérie
Les yeux vont, de larmes remplis,
Car le drapeau garde en ses plis
        L’âme de la Patrie !

Qu’il frissonne au soleil joyeux,
        Ou qu’il flotte sur l’onde ;
Lorsque la Paix rit sous les cieux
        Ou quand la guerre gronde,
France, il entraîne tous les cœurs,
Lui qui porta dans ses couleurs
        La liberté du monde !


(Le Sang de France)