Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/464

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Et moi, je souffre aussi bien plus ; la nuit sans douce
Vient assombrir le cœur déjà triste au matin.
Je suis à tes côtés, tu marches sur ma route,
Mais ton amour me semble impossible et lointain.

Et je rêve à ma tombe au sein des hautes herbes
Que le soir frôlera d’un rayon plus vermeil,
Tandis que tu viendras sous les couchants superbes
Par la plaine infinie où se meurt le soleil.





CHANSON ROUMAINE




LE maïs verdit parmi l’herbe verte.
Ma petite porte au vent s’est ouverte.

Elle s’ouvre au vent, ne la fermez pas.
Le maïs d’avril est éclos là-bas.

Lorsque le zéphyr l’ouvre en la nuit brune,
Ce n’est pas pour toi, doux œil de la lune.

Le vent au matin l’ouvre avec émoi.
Regard du soleil, ce n’est pas pour toi.

Ma porte en chantant s’ouvre d’elle-même
Sous les pas joyeux de celui que j’aime.

Ma petite porte ouvre son battant
Pour fêter celui que mon rêve attend.

Celui que je veux est hautain et tendre.
Ma porte en chantant s’ouvre pour l’attendre.