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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Et rêveur, l’on songe au destin
D’une de ces folles grand’mères
Qui froissaient leurs chairs de satin
Dans les gavottes éphémères.

C’est une marquise, à grand bruit,
Qui danse un soir chez un ministre ;
Elle est la reine, cette nuit :
— Mais ses yeux ont un air sinistre.

Tout en elle est plaisir, attrait :
Chacun l’applaudit et l’admire ;
Elle règne ; — mais on dirait
Qu’elle a pleuré, pauvre Thémire !

— C’est que la sorcière en crédit,
Par elle aujourd’hui consultée,
À la jeune femme a prédit
Qu’elle mourrait décapitée !


(Poèmes d’Autrefois)