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POÈMES ÉPARS

L’œil, dans la veine ardente, apercevait le sang.
 Où trouver voix plus cristaline,
 Plus suave haleine enfantine,
 Plus frais sourire, chant plus doux ?
 Où trouver forme plus suave ?
 Dites : je me fais son esclave,
 Et je l’adore à genoux.

II

Dans leurs rayonnements les âmes se confondent :
 L’amour est si pur à quinze ans !
Les soupirs contenus bondissent, se répondent ;
Le premier des aveux comble deux cœurs aimants !
 Oui, le soir, quand brillait l’étoile,
 La vierge aimée ôtait son voile,
 Marchait pensive à mes côtés ;
 Jetait au sable de la grève,
 Sans qu’elle interrompit son rêve,
 Des mots par la brise emportés !
 Car je la pris naïve à sa pauvre famille,
 Pauvre famille de pêcheurs ;
Elle n’avait encore aimé que sa mantille,
Et les oiseaux du ciel qui venaient sur ses fleurs !
 Parfois nous allions au rivage
 Écouter le refrain sauvage
 Du nautonnier napolitain ;
 Notre extase était infinie,
 Lorsqu’à sa nocturne harmonie