Page:Lenoir-Rolland - Poèmes épars, 1916.djvu/54

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
56
poèmes épars

1858

Le géant

(Traduit de l’anglais de Charles Mackay)


Il vint un géant à ma porte,
Un géant terrible et hautain ;
Son pied était lourd, sa main forte
Tordait les arbres du chemin.
Le colosse en vain me menace ;
Bannissant mon premier émoi
J’osai le regarder en face,
Et lui dis : « Que veux-tu de moi ? »


Le monstre, devenu pygmée,
À ces accents, tremble à son tour ;
Puis, son corps se change en fumée
Ondulant par le vent du jour.
Sa rouge prunelle est éteinte ;
Sa voix ne s’entend qu’à demi
« Où dis-je, en voyant tant de crainte,
« Où donc est ce fier ennemi ? »