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VI


LES TROIS VILLES. — LOURDES. — ROME. — PARIS
(1893-1897)


En écrivant sa trilogie des Trois Villes, succédant à la série des Rougon-Macquart, Zola a voulu montrer, en un panorama synthétique, la domination sacerdotale dans trois milieux différents. En même temps, il lui a convenu de prouver, une fois de plus, stratège littéraire, sa puissance dans l’art de manier les masses. Il s’est proposé d’affirmer sa maîtrise de manœuvrier, et son incomparable faculté de metteur en scène des foules.

Ces Trois Villes, ces trois actes d’un drame, dont les Cités sont les protagonistes, Lourdes, Rome, Paris, ont une intensité d’effet différente. Lourdes est l’œuvre maîtresse. L’observation s’y révèle aiguë, exacte. C’est la vérité surprise sortant de son puits ou plutôt de sa piscine. Les méticuleux détails de cette kermesse médico-religieuse sont rendus avec une netteté vigoureuse. Celui qui n’a pas visité Lourdes connaît cette bourgade, capitale de la superstition, comme s’il y était né, ou comme s’il y tenait boutique, quand il a lu le livre de Zola. Le voyageur sincère, exempt de naïve crédulité, qui, au retour d’une excursion en cet étrange oratoire balnéaire, prend le volume, y retrouve ses impressions