Page:Lepelletier - Paul Verlaine, 1907.djvu/311

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d’abréger le séjour en des chambres d’hôtel, où tout vous paraît étranger.

Dans la mélancolie des moroses et sombres « furnished appartments » de Londres, Verlaine évoquait les souvenirs de ses bibelots absents, et me témoignait un violent désir de les retrouver. N’étaient-ce pas les témoins de ce qui avait été son bonheur ? Il voulait ramasser les fragments de sa vie brisée.

Mme Verlaine mère me remit la liste des objets personnels réclamés par son fils à la famille Mauté. Je la transmis, avec prière de donner satisfaction à la demande légitime de l’absent. Je crois que la plupart des articles figurant dans la liste suivante furent remis à Mme Verlaine mère, qui, à raison des fréquentes pérégrinations de son fils, et surtout à la suite de son incarcération, dut en assurer la garde. Presque tous ces objets, à la suite de la mort de Mme Verlaine, et de l’expulsion du logis de la Cour de Saint-François, faute de paiement, ont disparu. Bien peu se retrouvaient dans l’appartement, qui fut mortuaire, de Mlle Eugénie Krantz, rue Descartes.

Je crois donc devoir reproduire cet inventaire de choses dispersées ; leur désignation fait mieux connaître l’existence du poète, rue Nicolet, avant son départ pour les aventures, pour l’isolement, pour la vie de triste bohème.

On remarquera qu’il n’est nullement fait mention des meubles meublants, de stvle d’ailleurs fort bourgeois, qui garnissaient l’appartement de la rue du Cardinal-Lemoine, où le jeune ménage habitait en 1870-71.


Inventaire des objets personnels possédés par Paul Verlaine en 1871, apportés par lui, rue Nicolet, 141, chez ses beaux-parents [écrit de la main du poète] :