Page:Lepelletier - Paul Verlaine, 1907.djvu/491

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c’était contre lui qu’il était animé de sentiments violents. Il lui reprochait d’abuser de son influence sur sa mère, de l’avoir attirée chez lui pour capter sa confiance et s’emparer de son avoir. Il l’accusa enfin de le diffamer dans tout le voisinage, et de s’être vanté de parvenir à lui faire quitter le pays, afin de prendre possession de sa maison.

Il avoua qu’il avait le tort de boire souvent outre mesure, mais il avait été entraîné vers l’ivrognerie par suite des tracasseries de toute nature qu’il avait dû endurer de la part du conseiller de sa mère. Malgré tout le respect qu’il lui devait, et toute l’affection qu’il éprouvait pour elle, il devait dire au tribunal que sa mère avait ses facultés un peu affaiblies, qu’elle se laissait entièrement dominer et diriger par ce Dane, qui avait résolu d’accaparer sa petite fortune, et de l’éloigner à tout jamais de son fils.

Ces aveux simples et dignes, cette visible repentance, les sincères témoignages d’affection respectueuse envers sa mère, dont l’accusé faisait montre, produisirent un favorable effet sur le tribunal.

La déposition de Mme Verlaine fut excellente. Elle déclara que son fils « avait toujours été convenable vis-à-vis d’elle » — ce sont ses propres expressions consignées aux procès verbaux d’audience, — jusqu’à leur arrivée à Coulommes. Depuis son séjour dans ce village, le caractère de Paul avait changé. Il s’était mis à boire, et il fréquentait des gens avec lesquels il passait le temps à s’enivrer, sans se livrer à un travail assidu. Et elle ajouta : « Je n’ai rien à lui reprocher sous le rapport des mauvais traitements. Il m’a fait dépenser de l’argent, mais il ne m’en a jamais pris. » Elle ne parlait pas du couteau prétendu dirigé vers elle, et attribuait