Page:Lepelletier - Paul Verlaine, 1907.djvu/490

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voquant ces terribles articles, n’alla pas jusqu’à prononcer ces lourdes pénalités.

Le procès vint le 24 mars 1885.

À l’audience de police correctionnelle de Vouziers, le tribunal, après avoir interrogé le prévenu, entendu les témoins, le procureur de la République en son réquisitoire, donna la parole au défenseur de Verlaine, Me Boileau, avocat-avoué.

L’accusation reprochait à Verlaine d’avoir exercé des violences sur la personne d’Élisa Dehée, notamment en lui serrant les poignets au point de la faire crier, et en outre d’avoir, dans les mêmes circonstances, menacé ladite dame de mort, si elle ne lui donnait pas d’argent. L’accusation ajoutait que l’inculpé tenait alors un couteau ouvert à la main.

Verlaine, interrogé, commença par protester de son affection et de son respect pour sa mère. Il témoigna d’un profond repentir de tout ce qui avait pu l’offenser dans la scène qui avait motivé la poursuite. Il contesta la gravité des faits qui lui étaient reprochés, et s’efforça de les ramener à de plus justes proportions.

Il reconnut qu’il était, ce jour-là, surexcité par la boisson, et qu’en cet état il avait pu solliciter de sa mère, un peu trop violemment, l’argent dont il avait un besoin urgent, à raison de procès en cours et d’engagements pris. Il déclara ne pas se souvenir d’avoir menacé, ni même injurié sa mère. Si cela était malheureusement arrivé, il n’avait ainsi proféré injures et menaces que sous l’influence de l’ivresse, sans se rendre compte de ce qu’il disait alors. Il niait avoir tiré son couteau de sa poche. Un seul témoin affirmait ce fait aggravant, et ce témoin était son ennemi personnel, M. Dane.

Il avait pu, dans sa colère, menacer ce dernier, car