Page:Lepelletier - Paul Verlaine, 1907.djvu/512

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le zinc voisin du lit du malade, et aussi un voisin obligeant, qui le soir causait avec le poète, lui prêtait des journaux, faisant un peu l’office de garde-malade, formaient les seuls visiteurs.

Une petite armoire servait de bibliothèque à Verlaine. Il y avait serré quelques bouquins, épaves de ses nombreux naufrages, et des manuscrits. Une étroite table, deux chaises de paille, composaient le mobilier de cette cellule lugubre. Évidemment Verlaine était là dans de mauvaises conditions, à tous les points de vue. Quand il se décida à retourner à l’hôpital, c’était un favorable changement pour lui, et un véritable bien-être acquis.

Son premier hôpital fut Tenon. Il a décrit cet établissement hospitalier, situé tout en haut de Paris, à Ménilmontant, et qui est aménagé comme une ambulance champêtre. Il l’a dépeint d’une façon pittoresque :


Des baraquements, champis et brique, à l’instar, paraît-il, des hôpitaux américains. L’extérieur ressemble passablement à quelque abattoir. Dedans, c’est l’architecture d’une chapelle méthodiste, où ne manquent que des citations de saint Paul sur des écriteaux blancs accrochés au mur de bois verni. On dirait aussi un Kursaal d’une station balnéaire nouvellement installée.

Les jardins donnent sur un jardin d’horticulteur-fleuriste, riverain du chemin de fer de ceinture ; un rang d’acacias joue une lisière de bois, dont l’intérieur des fortifications, vu derrière, serait l’épaisseur ; mais les feuilles se raréfiant toutefois, vite l’illusion a fui.

Les médecins et le service sont toujours parfaits, mais les malades sont quinteux, et quelques-uns plus bêtes que de droit.


Il avait déjà fait un séjour, l’année précédente, à Broussais.

Il en était sorti rapidement, soulagé, sinon guéri,