Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/142

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Sternfield, qui ne désirait nullement voir sa femme déshéritée, n’eut pas de peine à comprendre la justesse de ces observations, et il répondit affirmativement, mais d’un air sombre.

— Eh ! bien, puisqu’il en est ainsi, nous devons être plus tolérants les uns vis-à-vis les autres. Vous, Audley, promettez de ne considérer Antoinette que comme votre fiancée, jusqu’à ce que la répétition de votre mariage dans l’Église catholique l’ait rendue entièrement votre femme.

Sternfield ne répondit pas et s’approcha d’une fenêtre où il se livra aux pensées sombres qui l’agitaient. Ces constantes allusions sur le même sujet lui donnaient de l’inquiétude et le mettaient mal à l’aise. Après un moment de sérieuse réflexion, il retourna à la place où sa jeune femme, pâle, se tenait encore.

— Antoinette ! s’écria-t-il, c’est une bien dure épreuve que vous m’infligez toutes deux, et toi-même tu m’aurais méprisé si mon cœur ne s’en était pas d’abord révolté ; néanmoins, si tu le désires, je m’y soumettrai. En retour, vous devez me promettre toutes les deux, — que dis-je ? — vous devez jurer que vous garderez le secret de notre mariage jusqu’à ce que je croie le temps opportun pour le divulguer.

Madame d’Aulnay, sans prendre le temps de réfléchir, répondit aussitôt :

— Certainement : je ne vois rien de mal en cela. Je