Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/17

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II.


Heureuse et fière de son succès, Madame d’Aulnay traversa d’un pas léger le long et étroit corridor qui partait de la Bibliothèque, et entra à droite dans une jolie chambre fournie de tout ce qui pouvait donner du confort, mais dans laquelle régnait en ce moment une grande confusion. Des châles et des écharpes gisaient épars sur les chaises, pendant qu’une valise ouverte et quantité de cartons étaient amoncelés sur le plancher.

Debout devant un grand miroir et mettant la dernière main à l’arrangement des flots de sa chevelure, se tenait une jeune fille à la taille légère et svelte, au visage plein de charme et d’expression.

— Déjà habillée, charmante cousine ! s’écria en souriant Madame d’Aulnay. Avec très-peu tu as fait beaucoup, reprit-elle en jetant un coup-d’œil significatif et peut-être dédaigneux sur la robe gris-sombre, aussi unie dans sa façon que dans ses matériaux, que portait la jeune fille. Mais, approche donc que je t’examine de plus près ; d’ici je ne fais que t’entrevoir.

Joignant l’action aux paroles, elle attira son amie près de la fenêtre ; puis, écartant le lourd rideau de