Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/284

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tions et les caresses de sa cousine qui se réjouissait cordialement de son arrivée.

— Quel bonheur de t’avoir encore avec nous, chère Antoinette ! dit-elle. Je suis déterminée à ce que tu t’amuses bien.

— Nos idées de plaisir sont maintenant bien différentes, Lucille, et tu ne dois pas oublier qu’étant en convalescence j’ai besoin de repos et dois me coucher de bonne heure.

— Non pas, enfant. Tu as pris l’habitude d’une tristesse mortelle dans ton sombre manoir, il te faut maintenant un peu de gaieté pour te remettre en bonne santé. Est-ce que le médecin ne t’a pas dit la même chose ?

— Pas précisément : il a déclaré que ma maladie déjouait son art, qu’il ne pouvait parvenir à remonter à son origine, et qu’en désespoir de cause il ordonnait un changement d’air pour voir quel effet en résultera. Chère Lucille, veuille bien te rappeler les conditions auxquelles je suis ici.

— Oh ! oui, je me souviens t’avoir étourdiment promis de te laisser aussi isolée, aussi solitaire que tu le désirerais ; je suppose donc que je vais respecter ma promesse, pendant quelque temps au moins ; mais tu feras sans doute une exception en faveur de Sternfield ?

Une légère rougeur couvrit le front de la jeune fille lorsqu’elle répondit :

— Non, je ne dois pas refuser de le voir.

— Aussi bien, c’est ce que tu as de mieux à faire. Ses visites te serviront à le surveiller de plus près.