Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/301

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sol, lui dirent suffisamment qu’il ne devait pas attendre du secours de ce côté ; et, trop sage pour entrer dans une lutte où il savait courir le risque d’une défaite, il salua et se retira. Mais en partant, il trouva moyen de dire à madame d’Aulnay, à voix basse, qu’elle prît bien garde de faire d’Antoinette une femme aussi indépendante, aussi frivole qu’elle-même, attendu qu’il ne se montrerait pas mari aussi doux et aussi aveugle que M. d’Aulnay.

— Impertinent ! murmura madame d’Aulnay.

Mais, avant qu’elle pût reprendre son sang-froid, le militaire était loin.

La sauvage et déraisonnable jalousie de Sternfield avait été singulièrement montée, en voyant Louis sur un pied de grande intimité dans la maison de madame d’Aulnay ; elle ne fit donc que s’accroître lorsque le militaire rencontra subséquemment le jeune homme en compagnie des deux dames.

Quelques jours après la visite pendant laquelle Audley avait semblé faire tous ses efforts pour se rendre désagréable, madame d’Aulnay, à force d’instances et de caressés, fit promettre à Antoinette de contribuer aux préparatifs d’une petite soirée par laquelle elle voulait relever un peu la monotonie de leur existence.

Le jour fixé pour cette soirée était arrivé, et Antoinette paraissait si délicatement belle, mais si fragile dans sa légère robe diaphane, que Jeanne, se rappelant