Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/35

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
Book important2.svg Les corrections sont expliquées en page de discussion

— Pourquoi non ? Le choix que tu as fait est un choix contre lequel ne peut raisonnablement élever aucune objection.

Sans le lui dire ouvertement, Corinne insinua à Arthur que durant la veillée ils ne devaient plus être vus ensemble, et ils se séparèrent. Mais il savait maintenant à quoi s’en tenir sur cette indifférence et cet égoïsme apparents sur lesquels il s’était jusque-là si étrangement mépris et qu’il avait si fortement condamnés.

Le lendemain, Louise de Niverville laissait Valmont et son tardif prétendant n’avait pas encore ouvert la bouche. Le sens d’honneur délicat qui le distinguait la chevaleresque générosité de son cœur avaient montré au jeune de Mirecourt qu’il n’était plus libre, qu’il appartenait de droit à celle qui lui avait prodigué, sans qu’il l’eût cherché, sans qu’il l’eût demandé le riche trésor d’un secret amour.

Aussi, après une semaine de paisibles réflexions qui lui firent voir qu’une sympathie véritable pour mademoiselle de Niverville n’avait jamais pris racine dans son cœur, — après une semaine pendant laquelle Corinne sembla avoir pris à tâche de l’éviter, luttant comme une femme peut seule le faire, contre cette affection qui devenait chaque jour plus interne et plus profonde ; un soir que la jeune fille était dans l’encadrement d’une fenêtre, regardant silencieusement au dehors les flocons de neige qui tombaient, il s’ap-