Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/232

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Paul et peut-être aussi à la fière dame de vos anciennes amours, mademoiselle de Beauvoir, oui je leur dirai comme votre malheureuse femme est pauvre et misérable.

— Vous feriez mieux de vous en abstenir, madame Martel ! répliqua Armand avec un regard inaccoutumé qui aurait dû avertir cette matrone rusée qu’elle allait trop loin.

Elle n’en fit pas de cas, et s’approchant plus près de lui et le regardant d’un air de défi, elle répéta :

— Mais je vais le faire. Je ne permettrai pas que moi ou les miens connaissent le besoin lorsque le griffonnage d’une plume peut amener l’abondance. Un pauvre gueux plein d’orgueil ne nous en imposera pas, ou, si nous avons à nous conformer à ses volontés, du moins le monde le saura.

Armand, cédant tout-à-coup à un de ces accès de colère qui s’emparaient de lui de temps en temps malgré la douceur de son caractère, se retourna du côté de celle qui le poussait ainsi à bout, et, la saisissant par l’épaule, il la lança dans la porte ouverte avec une force qui l’envoya culbuter parmi les pots de géranium qui tombèrent avec elle pêle-mêle.

— Maintenant, Délima, tu vas de suite empaqueter tes effets et te préparer à laisser cette maison dans une heure.

— Mais elle ne s’en ira pas avec vous, monstre ! cria madame Martel en se relevant de parmi les débris de pots cassés, de plantes et de terre. Vous la tueriez comme vous venez presque de me tuer.