Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/313

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et de son voile de fille d’honneur, au milieu des joyeuses causeries et des rires bruyants des convives qui résonnaient dans ses oreilles, Gertrude de Beauvoir accepta les vœux de celui pour qui sa préférence datait presque d’aussi loin que la sienne pour elle.

On devine qu’en apprenant l’engagement que sa fille avait fait, madame de Beauvoir la railla et que les pointes d’épigrammes ne lui firent pas défaut ; mais, heureusement, son opposition ne fut ni forte ni de longue durée. Sans doute Durand n’était pas un seigneur non plus qu’un riche et indépendant citoyen comme de Montenay ou Belfond mais il était l’associé d’un vieil avocat bien connu ; après quelque temps il deviendrait possesseur de la fortune de madame Ratelle, et son frère Paul, qui n’était pas marié et qui, d’après le bruit courant, buvait beaucoup, se ferait probablement bientôt mourir et le constituerait son héritier.

— Eh ! bien, oui, se dit-elle, j’y donne mon consentement, car il vaut mieux que Gertrude se marie avec lui que de rester vieille fille, comme je l’en ai souvent menacée.

Quant à M. de Courval, il fut très-satisfait de ce mariage et, pendant une sévère attaque rhumatismale, il fit à la fiancée présent d’une dot raisonnable et d’un riche trousseau.

Armand avait beaucoup de choses à dire à sa fiancée, notamment la réception du mystérieux billet qui l’avait appelé auprès du lit de mort de son père, billet que Gertrude avoua avec confusion avoir écrit elle-même ;