Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/447

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sère y est, pour la plupart de ceux qui en sont victimes, un mal qu’ils ont entrevu, qu’ils pourraient éviter, qu’ils ont fait entrer dans leurs calculs et qu’ils ont accepté. Presque tous les ouvriers anglais pourraient assurer le repos de leurs vieux jours et se prémunir contre le chômage ; un bon nombre ne se soucient pas de cette longue prudence qui, selon eux, entraîne trop de soucis. Un membre du Parlement nous citait en 1879, ce mot d’un très-habile ouvrier de Rochdale, gagnant de fort beaux salaires et les dépensant joyeusement comme on lui en faisait des reproches et qu’on attirait son attention sur l’utilité de l’économie : « Rochdale, disait-il en souriant, est une bonne mère ; elle saura bien me nourrir et me vêtir dans ma vieillesse. » Voilà la pensée qui conduit au workhouse des hommes ayant mené une vie fort supportable et où le superflu tenait une bonne place ; elle y achemine aussi leurs femmes et leurs enfants. Néanmoins le nombre des indigents assistés en Angleterre est moindre que dans la plupart des autres pays d’Europe[1].


  1. Quoique les Anglais ne soient pas un peuple très-économe, on ne doit pas oublier que les statistiques de ce pays constatent plus de 3 millions de livrets aux caisses d’épargne.