Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/227

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XXVII
jim prisonnier.


Tout le long du chemin, nous ne parlions plus que de Jim, nous demandant où on avait pu l’enfermer. Enfin, Tom s’écria :

— Que nous sommes bêtes de n’avoir pas deviné plus tôt ! Je parie que je sais où il est.

— Vrai ? Où est-il ?

— Dans cette hutte isolée qui se trouve au fond de la cour. Pendant que nous dînions, n’as-tu pas vu un nègre y entrer avec des provisions ?

— Oui ; les chiens ont aboyé, et j’ai pensé qu’il leur apportait à manger.

— Je l’ai cru aussi ; mais les provisions n’étaient pas destinées aux chiens.

— Comment le sais-tu ?

— Parce que je me rappelle maintenant qu’il y avait là une grosse tranche de melon d’eau. Est-ce que les chiens aiment le melon ? En outre, le nègre a remis une clef à mon oncle au moment où nous sortions de table. La tranche de melon indique un homme, la clef indique un prisonnier. Jim est là.

Ah ! ce Tom, quelle tête, pour un garçon de son âge ! Si j’avais la tête de Tom Sawyer, je ne la troquerais pas contre celle d’un duc, ni même contre celle d’un clown ou d’un membre du Congrès.

— À présent, reprit Tom, il y a trente-six moyens de faire évader un captif ; il s’agit de choisir le meilleur.

— Il n’y a pas besoin de tant chercher. J’ai mon idée.

— Voyons-la.