Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/52

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tions qui m’arrivaient de plus en plus lointaines. Au bout d’une heure, je n’entendis plus rien. L’île Jackson a trois milles de long. Je crus qu’ils étaient arrivés au pied de l’île et qu’ils abandonnaient la partie ; mais non ; ils ne se décourageaient pas encore. Ils voulurent explorer l’autre bord, du côté du Missouri. Les voilà donc repartis, à toute vapeur, tirant de dix minutes en dix minutes un coup de canon. Arrivés à la tête de l’île, ils cessèrent leur feu et reprirent la direction de la ville.

La tente de Huck.

Je n’avais plus rien à craindre maintenant. Personne ne viendrait me déranger. Je sortis mes provisions du canot et j’établis mon bivouac dans une des parties les plus épaisses du bois. Je formai une sorte de tente avec une de mes couvertures afin de mettre mes affaires à l’abri de la pluie. Un gros poisson ne tarda pas à gober mon hameçon, et, un peu avant le coucher du soleil, j’allumai mon feu de camp.