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LES BRAVES GENS.

les hommes. Pourtant il ne jure pas et ne se met jamais en colère ; mais il ne plaisante pas non plus, et quand il a dit : « Il le faut, il n’y a plus à répliquer. On l’aime cependant et l’on a grande confiance en lui ; ce n’est pas lui qui mangerait ou se coucherait sans savoir si ses hommes ont tout ce qu’il leur faut. Quand il faut charger, et cela nous arrive souvent, il s’en va là comme d’autres vont à la parade, la tête bien droite, avec des mots gentils qu’il sait trouver pour enlever le pauvre monde. Et vraiment, le pauvre monde a quelquefois grand besoin d’être enlevé. À peine sous-lieutenant, voilà qu’il est question de le faire lieutenant, parce qu’il a dépisté et pris, avec quelques bons garçons, un des gros bonnets de l’autre armée.

» Je l’ai vu passer, pas bien fier, le gros bonnet ; je ne sais pas le grade, parce que chez eux on se cache d’être général avec autant d’empressement que l’on s’en vante chez nous. Tout ce que j’ai vu, c’est qu’il avait de grosses tresses sur les épaules. »