Page:Les Eddas, trad. Puget, 2e édition.djvu/31

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qu’on en distinguait à peine le faîte ; le toit était couvert de boucliers dorés. Le skald Thjodolf dit qu’il en est de même pour Walhall.

« Des hommes pensifs (ils avaient été tués à coups de pierres) portaient sur leur dos les toits des salles d’Odin. »

Gylfe vit dans le vestibule de ce palais un homme qui jouait avec de petits glaives, et si adroitement, que sept de ces glaives étaient constamment en l’air. Cet homme s’informa du nom du voyageur, et Gylfe répondit qu’il s’appelait Ganglere, qu’il venait de loin et demandait l’hospitalité pour la nuit ; de plus, il désirait savoir à qui appartenait ce palais. « Au roi, répliqua l’homme aux petits glaives ; je vais te conduire près de lui, afin que tu puisses lui demander toi-même son nom. » Ganglere suivit donc cet homme, et aussitôt les portes se fermèrent derrière lui. Il vit dans ce palais beaucoup d’hommes ; ces derniers étaient différemment occupés : les uns se livraient à divers exercices, les autres buvaient ou combattaient. Ganglere dirigeait ses regards de tous côtés ; mais la plupart des choses qu’il voyait lui paraissaient incroyables, et il s’écria :

« N’avance pas sans examiner les moindres coins, car tu ne sais dans lequel se tiennent tes ennemis. »

Ganglere vit trois trônes placés à différents degrés ; un homme était assis sur chacun de ces trônes. Il s’informa