Page:Les Fouteries chantantes, 1791.djvu/63

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À ces mots, je le vois, ta surprise est extrême :

Ton vit n’en peut sortir ; il murmure en lui-même.

À quoi bon, me dit-il, blâmer un Favori,
Qui contente la Dame, en trompant le Mari ?
Patiner des tettons dès leur première aurore,
Tenir un poil de cul qui ne fait que d’éclore ;
Ou, d’un autre côté, rendre un Mari cornard,

N’est-ce pas, réponds-moi, le chef-d’œuvre de l’art ?

J’en conviens ; je veux même que ton vit y prétende ;
Mais pour y parvenir, il faudrait qu’il attende ;
Car si le tems, les soins, les promesses enfin,
Peuvent conduire au point d’obtenir un conin,
C’est par la même voie, autant et plus gênante.
Qu’en briguant une femme, on arrive à sa fente :

Les hommes autrefois sans habits, sans haillons,

Laissaient flotter au vent leurs vits et leurs couillons ;

Le Sexe s’honorait d’étaler à leur vue
Deux tettons rondelets, une motte velue :
Les cons, ainsi que l’air, étaient tous en commun ;
On les obtenait tous sans en épouser un.

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