Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, I.djvu/93

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

PREMIÈRE NUIT.
LE MARCHAND ET LE GÉNIE.



Sire, il y avoit autrefois un marchand qui possédoit de grands biens, tant en fonds de terre, qu’en marchandises et en argent comptant. Il avoit beaucoup de commis, de facteurs et d’esclaves. Comme il étoit obligé de temps en temps de faire des voyages pour s’aboucher avec ses correspondans, un jour qu’une affaire d’importance l’appeloit assez loin du lieu qu’il habitoit, il monta à cheval et partit avec une valise derrière lui, dans laquelle il avoit mis une petite provision de biscuits et de dattes, parce qu’il avoit un pays désert à passer, où il n’auroit pas trouvé de