Page:Les Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, IX.djvu/10

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verbe, que son nom est devenu le nom même de la générosité[1] ; ce qui a fait dire à un poète Arabe que Hatem a fait perdre le nom à cette vertu.

Attaf eût pu faire perdre pareillement le nom à Hatem. Celui-ci, comme votre Majesté l’a souvent entendu raconter, faisoit quelquefois tuer jusqu’à quarante chameaux pour régaler ses hôtes : un jour même n’ayant, par hasard, rien à offrir à un envoyé de l’empereur grec, il fit tuer pour lui son cheval, qui étoit d’un prix inestimable, et passoit pour le plus beau cheval de toute l’Arabie[2].

Ce sacrifice étoit grand ; mais Attaf en fit encore un plus grand,

  1. Les auteurs arabes, pour vanter la générosité de quelqu’un, disent qu’il est plus généreux que Hatem : agwad min hatem. Voyez Pococke, Specimen, pag. 343. Cet Hatem mourut, selon les Annales d’Abulfeda, la huitième année de l’hégire, 630 de l’ère chrétienne.
  2. Hatem eut à peine fait tuer son cheval, qu’il apprit que l’envoyé étoit venu pour le lui demander au nom de l’empereur grec.