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de Fernand Mendez Pinto.

lité, qui pour auoir commis de grands crimes ſont confinez encette priſon pour y terminer leurs iours, ſi ce n’eſt que par vne grace particuliere ils ſoient condamnez à ſeruir aux reparations ſuſdites où ils peuuent auoir leur recours, conformément aux Ordonnances & aux reglemens de la guerre, qui ſont faits expres, & approuuez par les Chaems, qui en cela & en toute autre chose ont meſme pouuoir que le Roy, auec vne Iuſtice haute, moyenne, & baſſe. Car ces ſuperintendans des baſtimens de cette muraille peuuent faire grace à qui bon leur ſemble, ſans que cela deſpende d’autre que d’eux-meſmes qui ſont douze, & ce iuſqu’à vn million d’or de reuenu, par vne particuliere commiſſion, & preéminence de leur office.




De quelques autres choſes que nous viſmes pendant le temps que nous arriuaſmes en un lieu où il y auoit vne Croix ; & la raiſon pourquoy on l’y auoit miſe.


Chapitre XCVI.



Vovlant maintenant raconter ce que i’ay deſia dit cy-deuant, comme nous fuſmes partis de ces deux villes nommées Pacan & Nacau, nous continuaſmes noſtre route à mont la riuiere ; & ainſi priſonniers comme nous eſtions, nous arriuaſmes à vne autre ville nommée Mindoo, quelque peu plus grande qu’aucune de celles dont nous eſtions partis, en laquelle du coſté de terre, à demie lieuë de la ville il y auoit vn grand lac d’eau ſalée, & quantité de ſaline à l’entour. Les Chinois nous aſſeuroient que ce meſme lac auoit flus & reflus comme la mer, & qu’il s’eſtendoit plus de deux cens lieuës dans le païs, où il rendoit de reuenu tous les ans au Roy de la Chine, cent mille Taeis ſeulement, du tiers que l’on tiroit du ſel ; & qu’outre cela la ville luy en rendoit autres cent mille pour les meſtiers de ſoye