Page:Lettre aux citoyens de couleur et nègres libres de Saint-Domingue, et autres isles françoises de l’Amérique.djvu/14

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et nous conformer à ceux qui pourroient en changer la substance »[1]. Les citoyens du Port-au-Prince disent à l’assemblée nationale les mêmes choses en d’autres termes : « Daignez, messieurs ; recevoir le serment que la municipalité prête entre vos mains, au nom de la commune du Port-au-Prince, de respecter et exécuter ponctuellement tous vos décrets, et de ne jamais s’en écarter, sous quelque prétexte que ce puisse être[2]".

Ainsi la philosophie agrandit son horizon dans le Nouveau-Monde, et bientôt d’absurdes préjugés n’auront plus pour sectateurs que quelques tyrans subalternes, qui voudroient perpétuer en Amérique le règne du despotisme écrasé en France. Et qu’eussent-ils dit, si les gens de couleur avoient tenté d’arracher aux blancs la jouissance des avantages politiques ? Avec quelle force ils eussent réclamé contre cette vexation ! Ils écument de rage de voir qu’on vous ait révélé et rendu vos droits. Par l’espoir de consoler leur

  1. Extrait des registres des délibérations de la municipalité de Jacmel, 10 mars 1791.
  2. Adresse de la municipalité du Port-au-Prince à l’assemblée nationale, page 9.