Page:Lettre du roi pour la convocation des Etats-généraux à Versailles, le 27 avril 1789, de part le roi.djvu/1

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Lettre du roi

Pour la convocation des États-généraux, à Verſailles,
le 27 Avril 1789.

De part le roi.


Notre amé et féal, nous avons besoin du concours de nos fidèles Sujets pour nous aider à ſurmonter toutes les difficultés où nous nous trouvons, relativement à l'état de nos finances, & pour établir, ſuivant nos vœux, un ordre conſtant & invariable dans toutes les parties du Gouvernement qui intéreſſent le bonheur de nos Sujets et la proſpérité de notre royaume. Ces grands motifs nous ont déterminés à convoquer l'aſſemblée des Etats de toutes les provinces de notre obéiſſance, tant pour nous conſeiller & nous aſſiſter dans toutes les choſes qui nous ſeront miſes ſous les yeux, que pour faire connaître les ſouhaits & les doléances de nos peuples : de manière que, par une mutuelle confiance et par un amour réciproque entre le Souverain & ſes Sujets, il ſoit apporté le plus promptement poſſible un remède efficace aux maux de l'Etat, & que les abus de tout genre ſoient réformés & prévenus par de bons & ſolides moyens qui assurent la félicité publique, et qui nous rendent à nous, particulièrement, le calme & la tranquillité dont nous sommes privé depuis si longtemps.

À ces causes, nous vous avertiſſons & ſignifions que notre volonté eſt de commencer à tenir les Etats libres et généraux de notre royaume, au lundi 27 avril prochain, en notre ville de Versailles, où nous entendons & déſirons que se trouvent aucuns des plus notables Perſonnages de chaque province, bailliage & ſénéchauſſée. Et pour cet effet vous mandons et très-expreſſément enjoignons