Page:Lichtenberger - La Philosophie de Nietzsche.djvu/40

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après quoi il retourna à Leipzig pour y préparer une thèse de doctorat. Peu de temps après, avant même d’avoir passé son doctorat, il était nommé, au mois de février 1869, professeur à l’université de Bâle ; la faculté de Leipzig lui décerna sans examen le titre de docteur.

Pendant dix ans, Nietzsche mena la vie paisible, mais absorbante de professeur d’université, faisant ses cours à la faculté aussi régulièrement que le lui permettait sa santé toujours plus chancelante, professant en outre le grec dans la classe supérieure du Pädagogium de Bâle (un établissement intermédiaire entre les gymnases et les universités). Pendant l’année scolaire, il vivait assez retiré, entouré cependant de la considération générale, ne sortant guère d’un petit cercle d’amis intimes parmi lesquels il faut citer au premier rang l’historien de l’art bien connu, Jacob Burckhardt ; en outre, il allait très fréquemment voir Richard Wagner et sa femme, Mme Cosima Wagner, dans leur ermitage de Tribschen près de Lucerne, où il était reçu en ami de la maison et où il fit de 1869 à 1872 (époque où les Wagner émigrèrent à Bayreuth) vingt-trois visites ou séjours. Pendant les vacances de Pâques, de Pentecôte ou d’été, il voyageait généralement dans l’Oberland, sur les bords du lac de Genève ou des lacs d’Italie. Le seul fait important de cette tranquille existence fut la guerre de 1870, à laquelle Nietzsche prit part comme ambulancier volontaire ; mais sa constitution ne résista pas à cette terrible épreuve et au bout de très peu de temps il dut rentrer à la maison gravement malade. Si l’on met à part ce douloureux intermède, les grands événements de la vie de Nietzsche sont ses travaux littéraires et philosophiques, qui se rapportent à deux sujets principaux : l’étude de l’antiquité grecque d’une part, la critique de la civilisation moderne de l’autre. Sa première grande œuvre, la Naissance de la tragédie (1872) qui eut un retentissement assez considérable et suscita une très vive