Page:Linas - Les origines de l’orfévrerie cloisonnée, I.djvu/21

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la plaque de wolfsheim

Sapor II ; il y est représenté à la gauche de son père, les inscriptions du monument en témoignent[1].

Les épées des rois perses qu’il m’a été loisible d’étudier ont une garde peu saillante; aucune effigie pédestre ne permet de se rendre un compte exact de leur mode d’attache. Ces figures ramènent devant elles l’arme posée en pal et insinuée entre le corps et le ceinturon de sorte que la poignée se cache en partie sous la plaque du dernier[2]. Heureusement le Sapor I à cheval du bas-relief de Nâckch-i-Roustam laisse voir un fourreau muni d’un passant vertical où s’engage la courroie du ceinturon[3].

Un autre bas-relief à Nâckch-i-Redjâb, près Istâkhr (ruines de Persépolis), contemporain des précédents, offre un groupe de seigneurs à pied derrière le cheval du roi. La suspension de leurs épées à garde alésée est identique à celle de l’effigie équestre de Nâckch-i-Roustam, mais les ceinturons, soit unis, soit perlés, n’ont point le disque gemmé et ciselé des personnages royaux[4]. De ceci je conclurai sans trop d’hésitations que la plaque ornée de pierreries était un privilège, un attribut exclusivement réservé aux monarques de la dynastie sassanide.

Je crois avoir à peu près établi que le bijou de Wolfsheim est le reste d’une plaque de ceinturon provenant des joyaux de la couronne perse ; si l’on admet avec moi cette destination au IVe siècle, et pour sûr à une époque antérieure, car les costumes orientaux ne se modifient à la longue que sous une pression étrangère, il faut maintenant préciser l’individualité du souverain à qui l’objet aurait appartenu. Pendant la domination des Arsacides, les satrapes héréditaires de la Perse faisaient battre monnaie ; leurs drachmes d’argent montrent au droit la tête du roi parthe régnant,

  1. Flandin et Coste, ouv. cité, pl. 13, 14 et p. 6.
  2. Id., ibid., pl. 13. — Orfévrerie mérovingienne, pl. 7.
  3. Id., ibid., pl. 185.
  4. Id., ibid., pl. 191, A.