Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/225

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’enseignement ; l’administration des biens communaux ; le choix et le droit permanent de contrôle des magistrats et fonctionnaires communaux ; la garantie absolue de la liberté individuelle, de la liberté de conscience et de la liberté du travail ; l’organisation de la défense urbaine et de la garde nationale ; la Commune seule chargée de surveiller et d’assurer le libre et juste exercice du droit de réunion et de publicité… Paris ne veut rien de plus… à condition de retrouver dans la grande administration centrale, délégation des communes fédérées, la réalisation et la pratique des mêmes principes. »

Quels seraient les pouvoirs de cette délégation centrale, les obligations réciproques des communes ? La déclaration ne le disait pas. D’après ce texte, chaque localité devait posséder le droit de son autonomie. Or qu’attendre, qu’espérer des autonomies de Basse-Bretagne, des neuf dixièmes des communes françaises — plus de la moitié n’ont pas six cents habitants, — quand la déclaration parisienne violait les droits les plus élémentaires, chargeait la Commune de surveiller le juste exercice du droit de réunion et de publicité, oubliait de mentionner le droit d’association.

Faible, inorganisé, emmaillotté dans mille liens, le peuple des campagnes ne pouvait être affranchi que par les villes et les villes ne se passaient point de Paris. L’avortement de toutes les insurrections de province le témoignait assez. Quand la déclaration disait : « L’unité, telle qu’elle nous a été imposée jusqu’à ce jour par l’empire, la monarchie et le parlementarisme, n’est que la centralisation despotique, inintelligente, etc. », elle découvrait le chancre qui dévore la France ; mais quand elle ajoutait : « L’unité politique, telle que la veut Paris, c’est l’association volontaire de toutes les initiatives locales », elle ne savait pas le premier mot de la province. « C’est l’oraison funèbre du Jacobinisme prononcée par un de ses chefs ! » s’écria Rastoul. C’était plus, l’oraison funèbre des faibles.

La déclaration continuait en style d’adresse, très juste quand elle disait : « Paris travaille et souffre pour la France entière dont il prépare, par ses combats et ses sacrifices, la régénération intellectuelle, morale, administrative, économique… la Révolution communale,