Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/256

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Plusieurs avaient rouvert les écoles abandonnées par les congréganistes et les instituteurs de la ville, ou expulsé les frères qui étaient restés. Celle du XXe habilla et nourrit les enfants, jetant ainsi les premières bases de ces caisses des écoles, si prospères depuis. La délégation du IVe disait : « Apprendre à l’enfant à aimer et à respecter ses semblables, lui inspirer l’amour de la justice, lui enseigner qu’il doit s’instruire en vue de l’intérêt de tous, tels sont les principes de morale sur lesquels reposera désormais l’éducation communale. » — « Les instituteurs des écoles et salles d’asile, prescrivait la délégation du XVIIe, emploieront exclusivement la méthode expérimentale et scientifique, celle qui part toujours de l’exposition des faits physiques, moraux, intellectuels. » On était encore loin d’un programme complet.

Qui parlera donc pour le peuple ? — La délégation du Travail et de l’Échange. Exclusivement composée de socialistes révolutionnaires, elle s’était donnée pour objet « l’étude de toutes les réformes à introduire soit dans les services publics de la Commune, soit dans les rapports des travailleurs — hommes et femmes — avec leurs patrons ; la révision du code de commerce, des tarifs douaniers ; la transformation de tous les impôts directs et indirects ; l’établissement d’une statistique du travail. » Elle demandait aux citoyens les éléments de tous les décrets qu’elle proposerait à la Commune.

Le délégué, Léo Frankel, se fit assister par une commission d’initiative composée de travailleurs. Des registres de renseignements pour les offres et les demandes d’ouvrage furent ouverts dans les arrondissements. Sur la demande de beaucoup d’ouvriers boulangers, la délégation fit supprimer le travail de nuit, mesure d’hygiène autant que de morale. Elle prépara un projet de liquidation du Mont-de-Piété, un décret concernant les retenues sur les salaires, et appuya le décret relatif aux ateliers fermés par leurs propriétaires.

Le projet remettait gratuitement leur gage aux victimes de la guerre et aux nécessiteux. Ceux qui refuseraient d’invoquer ce dernier titre devaient recevoir leur gage en échange d’une promesse de remboursement dans cinq années. Le rapport disait en terminant :