Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/493

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



ramassis de vauriens » ; les gouvernants de la Commune, « des pyromanes ; des loups cerviers ; des perroquets apprivoisés : des papes de la démagogie ; des Antéchrists filous ; une poignée d’escrocs qui règne par la violence, commande à des ivrognes, protège des assassins, discipline des incendiaires ; des fantoches épileptiques ; des grimaciers ; des politiques de crémerie ; des Césarillons d’estaminet. L’Hôtel-de-Ville était « un chenil de chiens en fureur ; une gargotte doublée d’un mauvais lieu » ; la préfecture de police : « le campement de la ribotte. » Les fédérés « puaient le vin et la charcuterie à l’ail ; leur idéal était deux mois de bombance et le bagne après. » Les femmes étaient « des évadées de dispensaire ; des institutrices laïques qui sifflent les petits verres d’eau-de-vie et se marient sur l’autel de la nature. » Les fédérés étaient « des galopins éclos en marge du ruisseau et grandis sur le fumier des basses promiscuités. » L’abbé Vidieu avait trouvé mieux ; ils étaient tous « enfants de l’adultère. » Il est vrai que le bon prêtre ne se piquait pas comme le convulsionnaire d’être « sans passion », « un modéré », « un homme d’une droiture ferme auquel les œuvres de la haine inspirent une insurmontable horreur. » Comme on lui reprochait d’avoir exagéré, Maxime Du Camp répondit : « J’ai toujours parlé des communards avec une extrême modération… Nous, honnêtes gens, nous sommes très apaisés… la lie des grandes colères est tombée » ; et il s’indignait contre ces gens pour qui « le dernier mot de la politique est de cracher sur ses adversaires. »

Par ce vocabulaire on voit l’histoire. Du reste, aucun de ces artifices savants à la Jules Simon qui font tissu de vérité et de mensonge. Les inventions et l’ignorance de ce furieux érotique étaient d’un primitif. Du caractère des ouvriers, des faits les mieux établis,

    L’ivrognerie a toujours été l’argument de choix des narrateurs réactionnaires. Le R. P. Loriquet attribuait aux fumées du vin les décrets rendus dans la nuit du 4 août ; en 1848, au Luxembourg, ou délibérait entre les bouteilles, etc.