Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/529

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nom et ne fit aucun effort pour échapper au sort qui l’attendait ; il mourut crânement. — v. b. »


XIX


Quelques-uns paient d’audace et pénètrent dans les conseils

La veille, à 7 heures du matin, au moment où les bagages de la Guerre arrivaient à l’Hôtel-de-Ville, dans l’avenue Victoria, deux gardes porteurs d’une caisse furent assaillis à coups de hache par un individu vêtu d’une blouse et coiffé d’un béret. L’un des fédérés tomba mort. L’assassin, immédiatement saisi, criait : « Vous êtes foutus, vous êtes foutus ! Rendez-moi ma hache et je vais recommencer, » Le commissaire de police de l’Hôtel-de-Ville trouva sur ce furieux des papiers et un livret attestant qu’il avait servi dans les sergents de ville.

Dans la soirée du mardi, un individu, portant l’uniforme d’officier de corps-francs vint demander un ordre à l’Hôtel-de-Ville. Un commandant du même corps entra dans la salle, vit cet officier et ne le reconnaissant pas, lui demanda son nom. Celui-ci se troubla : « Mais non, vous n’êtes pas des nôtres, dit le commandant. » On arrêta le personnage qui fut trouvé porteur d’instructions et d’ordres versaillais.

La trahison prenait toutes les formes. Le matin même, à Belleville, place des Fêtes, Ranvier et Frankel entendirent un tambour qui lisait aux gardes fédérés l’ordre de ne pas quitter l’arrondissement. Ranvier interpella le tambour et apprit que l’ordre émanait du général Du Bisson.


XX


les cadavres sont fouillés

Le colonel Gaillard, chef des prisons militaires, interrogé par la commission d’Enquête au sujet des valeurs