Page:Liszt - F. Chopin, 1879.djvu/170

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V.

Une curiosité naturelle s’attache à la biographie des hommes qui ont consacré de grands talens à glorifier de nobles sentimens, dans des œuvres d’art où ils brillent comme de splendides météores aux yeux de la foule, surprise et ravie.

Celle-ci reporte volontiers les impressions admiratives et sympathiques qu’ils réveillent, à leurs noms qu’elle divinise aussitôt, dont elle voudrait immédiatement faire un symbole de noblesse et de grandeur, inclinée qu’elle est à croire que ceux qui savent si bien exprimer et faire parler les purs et beaux sentimens, n’en connaissent pas d’autres. Mais à cette bienveillante prévention, à cette présomption favorable, s’ajoute nécessairement le besoin de les voir justifiées par ceux qui en sont l’objet, ratifiées par leurs vies. Quand dans ses productions on voit le cœur du poête, sentir avec une si exquise délicatesse ce qu’il est doux d’inspirer ; deviner avec une si rapide intuition ce que voile l’orgueil, la pudeur craintive, l’ennui amer ; peindre l’amour tel que le rêve l’adolescence et tel qu’on en