Page:Liszt - F. Chopin, 1879.djvu/171

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désespère plus tard ; quand on voit son génie dominer de si grandes situations, s’élever avec calme au-dessus de toutes les péripéties de l’humaine destinée, trouver dans les enlrelacemens de ses nœuds inextricables des fils qui la délient fièrement et victorieusement, planer au-dessus de toutes les grandeurs et de toutes les catastrophes, monter vers des sommets (pie ni les unes ni les autres n’atteignent plus ; quand on le voit posséder le secret des plus suaves modulations de la tendresse et des plus augustes simplicités du courage, comment ne se demanderait-on pas si cette merveilleuse divination est le miracle d’une croyance sincère en ces sentimens, — ou bien, — une habile abstraction de la pensée, un jeu de l’esprit ?

On s’informe, pourrait-il en être autrement ? on cherche en quoi ces hommes, si épris du beau, ont fait différer leurs existences de celles du vulgaire ? Comment en agissait cette superbe de la poésie, alors qu’elle était aux prises avec les réalités de la vie et ses intérêts positifs ?… Kn combien ces ineffables émotions de l’amour que le poète chante, étaient effectivement dégagées des aigreurs et des moisissures qui les empoisonnent d’ordinaire ?… Kn combien elles étaient à l’abri de cette évaporation et de cette inconstance qui habituent à n’en plus tenir compte !… On veut savoir si ceux qui ont éprouvé de si nobles indignations, ont toujours été équitables !… Si ceux qui ont e\alté l’intégrité, n’ont jamais fait commerce de leur conscience ?…