Page:Liszt - F. Chopin, 1879.djvu/202

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


Delacroix, une Improperia de Palestrina et la Reine Mab de Berlioz ! Il réclamait son droit d’étre pour tout ce qui est beau, admirant la richesse de la variété non moins que la perfection de l’unité. Il ne demandait également à Sophocle et à Shakespeare, à Homère et à Firdousi, à Racine et à Goethe, que d’avoir leur raison d’étre dans la beauté propre de leur forme, dans l’élévation de leur pensée, proportionée, comme Ja hauteur du jet-d’eau aux feux irisés, à la profondeur de leur source.

Ceux qui voyaient les flammes du talent dévorer insensiblement les vieilles charpentes vermoulues, se rattachaient à l’école musicale dont Berlioz était le représentant le plus doué, le plus vaillant, le plus hasardeux. Chopin s’y rallia complétement et fut un de ceux qui mit le plus de persévérance à se libérer des serviles formules du style conventionnel, aussi bien qu’à répudier les charlatanismes qui n’eussent remplacé de vieux abus que par des abus nouveaux plus déplaisans encore, l’extravagance étant plus agaçante et plus intolérable que la monotonie. Les nocturnes de Field, les sonates de Dussek, les virtuosités tapageuses et les expressivités décoratives de Kalkbrenner, lui étant ou insuffisantes ou antipathiques, il prétendait n’être pas attaché aux rivages fleuris et un peu mignards des uns, ni obligé de trouver bonnes les manières échevelées des autres.

Pendant les quelques aimées que dura cette sorte