Page:Littré - Pathologie verbale ou lésions de certains mots dans le cours de l’usage.djvu/16

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rions s’attaquer. Ce qui attaque a une pointe qui pique, et le passage de l’un à l’autre sens n’est pas difficile. D’autre part, il n’est pas douteux que tache, au sens de ce qui salit, ne soit une autre face de tache au sens de ce qui fixe ou se fixe. De la sorte on a la vue des amples écarts qu’un mot subit en passant du simple au composé, avec cette particularité ici que le sens demeuré en usage dans le simple disparaît dans le composé, et que le sens qui est propre au composé a disparu dans le simple complètement. C’est un jeu curieux à suivre.

Avouer. — Quelle relation y a-t-il entre le verbe avouer, confesser, confiteri, et le substantif avoué, officier ministériel chargé de représenter les parties devant les tribunaux ? L’ancienne étymologie, qui ne consultait que les apparences superficielles, aurait dit que l’avoué était nommé ainsi parce que le plaideur lui avouait, confessait tous les faits relatifs au procès. Mais il n’en est rien ; et la recherche des parties constituantes du mot ne laisse aucune place aux explications imaginaires. Avouer est formé de à et vœu ; en conséquence, il signifie proprement faire vœu à quelqu’un, et c’est ainsi qu’on l’employait dans le langage de la féodalité. Le fil qui de ce sens primitif conduit à celui de confesser est subtil sans doute, mais très visible et très sûr. De faire vœu à quel-