Page:Littré - Pathologie verbale ou lésions de certains mots dans le cours de l’usage.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mise, ce qui sert à obtenir une certaine fin. On comprend comment l’idée d’intermédiaire a suggéré celle de manière de procéder pour obtenir un résultat. C’est certainement un bon exemple de l’art ingénieux de déduire des significations l’une de l’autre. Ce mot n’a pas toujours existé dans notre langue ; et moyen substantif est un néologisme. N’allez pas vous récrier ; c’est un néologisme d’une antiquité déjà respectable ; il remonte au quatorzième siècle. Il faut savoir gré au populaire de ce temps d’avoir créé un substantif si bon et si commode.

Nourrisson. — À côté de : le nourrisson, l’ancienne langue avait la nourrisson, signifiant nourriture, éducation. Tous deux, le nourrisson et la nourrisson, viennent du latin nutritionem, dont notre langage scientifique a fait nutrition. Le français moderne a laissé se perdre la nourrisson. À côté de : la prison, l’ancienne langue avait le prison, signifiant prisonnier. Tous deux, la prison et le prison, viennent du latin prehensionem, dont le langage scientifique a fait préhension. Le français moderne n’a pas gardé le prison. Il paraît que polisson est un mot du même genre, c’est-à-dire un masculin déduit d’un féminin latin ; ce latin serait politionem, et le sens primitif de polisson serait celui de nettoyeur, de balayeur. N’est-il pas amusant de