Page:London - Croc-Blanc, 1923.djvu/18

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Bulletin ses premiers contes, récits vécus de ses aventures de terre et de mer et de sa randonnée pédestre. Cela dura ainsi pendant un an. Puis le métier de portier le dégoûta.

Jack vient à San-Francisco, où il se fait admettre a l’Université. Mais le gain du pain quotidien demeure amer. Il lui faut s’embaucher dans une blanchisserie et repasser des chemises, afin de pouvoir étudier et écrire. Le fer chaud et la plume alternent dans sa main. Mais de sa main lasse la plume tombait souvent, souvent sur le livre ses yeux se fermaient. Au bout de trois mois, il n’y peut plus tenir.

Alors, il part tout là-bas, vers le Nord, vers le Klondike et le pays de l’or. Mais bientôt une épidémie de scorbut se déclare. Il recommence, en sens inverse, le long voyage de quatre mille kilomètres, et se retrouve à Oakland où, son père étant mort, tout le fardeau de la famille lui retombe sur les épaules.

Des jours meilleurs allaient luire cependant.

L’esprit de Jack London, parmi tant de traverses, commençait à se former et sa pensée se précisait. Ses voyages a travers la société et à travers le monde, pour mouvementés qu’ils eussent été, lui avaient apporté une ample moisson de souvenirs émotifs et d’impressions. Sa plume, errante dans le rêve, allait pouvoir s’exercer sur des réalités. Dans les solitudes neigeuses du Klondike et de la Terre du Nord, « où personne ne parle, où tout le monde pense », il s’était longuement replié sur lui-même. « Mon véritable horizon, dit-il, m’était apparu. »